Vers Compostelle 2008
Vers Santiago de Compostelle depuis le Puy en Velay, 1500 kms, les pieds sur terre, la tête dans les étoiles.

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D comme .... Doute

Jour après jour, cherchant un mot pour la lettre D, le Doute est apparu comme la meilleure solution. Compagnon fidèle de mes chemins, il m'a accompagné parfois discrètement, parfois très présent, toujours là, plus ou moins en pointillé.

Il prend plusieurs formes, s'exprimant à travers des questions variées, en fonction de l'humeur, de la météo, de la qualité du sommeil de la nuit précédente.

  Sur les hauteurs de Monistrol d'Allier

Dans les difficultés du chemin, quand la terre est glissante, les muscles douloureux, le sac trop lourd et l'étape bien longue, il s'écrie "mais qu'est ce que je fais là ???"

Dans le brouillard, sous la pluie ou en l'absence de balises bien visibles, il tremble "est-ce la bonne route ?"

Dans l'aube froide et humide, il sussure "pourquoi faire tout ce chemin à pied, alors que je pourrais être bien tranquille à la maison?"

Dans la quiétude d'un chemin creux ou à l'abri d'un chêne centenaire, il murmure "que crois-tu ? Saint-Jacques t'attend-il vraiment ? et l'autre sur sa croix que tu croises à tous les carrefours, que te dit son message ? qu'est-ce que la Foi ? qu'est-ce qu'être chrétien ? et puis à quoi ça sert tout ça ?"

Ces moments de doute, ces questionnements ponctuent le chemin comme des goutellettes d'eau froide, tétues, tenances et au final bienfaitrices, même si sur le moment, on s'en passerait bien. Ils sont aussi un moteur pour avancer encore et toujours. Le rythme des pas, l'effort physique, permettent d'approfondir les interrogations, arguments, contradictions, réfutations se répondent dans une grande joute verbale, faisant place petit à petit à la lumière. Oh, pas un grand éclairage type projecteur de scène, non, juste une lueur qui se précise petit à petit, faisant reculer l'ombre. Elle s'élargit, permettant de voir dans un premier temps où l'on met les pieds, et puis elle découvre le prochain tournant du chemin et par moment, elle éclaire tout l'horizon, s'imposant à tout le paysage que l'oeil peut percevoir. Dans ces moments, la joie de marcher est grande, et surtout, j'ai la preuve que c'est possible, le doute est rejeté dans un ailleurs, un autre temps.

 Beauté fragile



Publié à 10:54 le 17/11/2008 ,
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