Vers Compostelle 2008
Vers Santiago de Compostelle depuis le Puy en Velay, 1500 kms, les pieds sur terre, la tête dans les étoiles.

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Pourquoi Partir?

Historiquement

Le pèlerinage traduit la dévotion , il exprime le désir de trouver Dieu, de prier et méditer, dans une ascèse liée à la marche. Il s’agit d’une prière du corps. Dans le cas du Chemin de St Jacques, la dévotion s’adresse à l’apôtre, mélange de piété et de souci du salut, à une époque où les peurs liées à la mort et à l’enfer étaient très fortes.

Le pèlerinage peut également correspondre à l’accomplissement d’un vœu, exprimé lors d’une maladie (le plus souvent) ou d’un événement personnel marquant. Ce vœu doit absolument être tenu, y compris par quelqu’un d’autre. Il n’était pas rare, en effet, que la personne ayant exprimé le vœu soit dans l’impossibilité de réaliser lui-même le pèlerinage, et transfère sa réalisation à ses enfants (bel héritage !) ou des  parents.

Des « professionnels » du chemin ont également existé, réalisant pour d’autres, et moyennant finances, le pèlerinage à leur place. Au Moyen-âge, les reliques sont l’objet d’une grande passion et le tracé du chemin évolue au gré des découvertes de reliques et/ou du souhait du pèlerin. En effet, quand on est loin de chez soi, avec la certitude de ne jamais revenir, qu’est-ce qu’un « détour » de 100kms, au regard de la promesse d’un au-delà meilleur ?

Les miracles nourrissent le pèlerinage, suscitant de nouvelles vocations. Les malades constituent une bonne part du contingent des pèlerins. Ils vont chercher la guérison, ou marchent vers St Jacques en remerciement d’une rémission, dont il est , à coup sûr, l’origine.Tous les types de malades, même les lépreux, se retrouvent sur le chemin. Néanmoins, les règles d’isolement, en vigueur dans la société d’alors s’appliquent également sur le chemin. A l’étape, les soirées des pèlerins sont souvent émaillées de récits de guérison, source de réconfort et d’énergie pour la suite du périple.  

Le pèlerinage, déjà au Moyen-âge, pouvait également être un prétexte, mais si !! Certains sont partis pour Santiago pour fuir une situation familiale inconfortable, échapper à des désagréments  (dettes, épidémies). Dans un temps où le tourisme n’existait pas vraiment, le chemin a permis d’assouvir une curiosité de parcourir le monde, d’aller voir un peu plus loin. 

Peut-être moins connu, l’aspect pénitentiel du pèlerinage a connu ses grandes heures : infligé comme sanction canonique (largement utilisé par l’inquisition contre les cathares et autres hérétiques) ou sentence civile (fréquent dans le Nord et aux Pays Bas), le chemin était infligé comme peine rédemptrice. Les pèlerins marchaient, enchaînés jusqu’à usure des chaînes. A leur rupture, ils poursuivaient leur chemin « en homme libre ». 

Petite précision pour les étourdis : le voyage à Compostelle se faisait à pied (le plus souvent, les riches utilisant des moyens de transport moins fatiguant cheval ou voiture attelée) en un aller ET retour (pas d’avion ou de train pour rentrer…). 

 

Aujourd’hui 

En règle générale, les pèlerins entre eux, ne se posent jamais la question « pourquoi es-tu sur le chemin ? ». La plupart disent ne pas savoir pourquoi, parlent de nécessité impérieuse, d’idée qui s’impose ou n’ont pas envie de le dire. Il paraît parfois plus difficile de répondre à cette question que de marcher sur le chemin. Toutefois, la plupart des motivations historiques sont aujourd’hui encore valables : religieuses, vœu suite à guérison du pèlerin lui même ou d’un proche, pèlerinage pénitentiel (Belgique), appel de Dieu.

Beaucoup de pèlerins d’aujourd’hui sont à la croisée d’un chemin de vie (retraite, fin d’études, divorce, séparation, chômage, deuil) et profite de ce temps privilégié pour « faire le point », « trouver un nouveau sens à leur vie ».Tous font part d’une démarche personnelle forte, à connotation spirituelle, toujours un peu, reconnaissant au chemin son statut de Chemin de connaissance. 

Pour vous, quelques mots de Saint Augustin qui pourraient être une de mes devises :

"Le jour où tu te dis : cela suffit! Tu es déjà mort!

Ajoute toujours, avance toujours, marche toujours.

Ne reste pas en chemin, ne recule pas, ne sort pas de la route.

Qui n'avance pas piétine!" 

 

A chacun son chemin, à chacun ses réponses


Publié à 03:11 le 1/07/2007 dans Pourquoi partir?